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Les applaudissements sont nourris. Sur la tribune des Mérites sportifs de la Ville vendredi 22 janvier, Roger Bourdoulous se voit remettre des mains du Maire la médaille d’or de la Jeunesse et des Sports. Une distinction pas anodine, qui vient récompenser un demi-siècle de bons et loyaux services. Ce fils de sous-marinier Breton s’est toujours débrouillé pour entretenir sa fibre sportive, quels que soient ses terrains d’action. Lesquels furent nombreux et variés ! A commencer par ceux de Bezons et d’Argenteuil avec, à 16 ans, un titre de champion d’académie de Seine-et-Oise en football. Un an plus tard en 1957, il quitte sa famille pour s’engager dans la Marine comme mécanicien. “La mer m’attirait, comme la plupart des Bretons. Le sport aussi, j’étais fort dans un peu toutes les disciplines. A chaque escale, je participais à des matchs de football. J’ai eu le plaisir de jouer sur des terrains très connus comme le stade Flamenco au Brésil”. A bord de “L’Alsacien”, “La Jeanne d’Arc” pendant 2 croisières ou encore “La Dunkerquoise”, le jeune marin s’attache à monter des équipes, de football mais aussi de basket et volley.
Durant dix années passées à parcourir les mers du globe, il découvre la plongée et se révèle, comme pour le reste, doué. “J’ai appris plus tard être le détenteur du plus grand nombre de diplômes au sein de la Marine ! J’étais volontaire pour tout. En 1964, j’ai participé comme plongeur à ma 2e mission de recherche sur l’épave de la Boussole, frégate de l’Amiral La Pérouse disparue au large de Nouméa, à Vanikoro. Je m’en souviens encore, j’ai découvert un petit canon, un perrier en bronze de 144 livres. Je manquais d’air mais je l’ai quand même remonté à la surface, j’y tenais !”. L’émission Thalassa sur France 3 a plusieurs fois évoqué cette mission et en 2009, le Musée de la Marine à Paris en exposait encore les reliques. A son retour sur la terre ferme en 1965, Roger Bourdoulous intègre une école de plongée, puis la direction du recrutement de la Marine Nationale, à Paris. Sa nouvelle mission est d’aller à la rencontre des jeunes pour leur présenter les métiers de la Marine à l’occasion de conférences, expositions et forums. Fonctions qu’il conservera plus tard, une fois devenu réserviste. Durant ces 28 années, il a continué à jouer le rôle de déclencheur de pratiques sportives, allant jusqu’à créer et entraîner une équipe de handball et de football. En 1983, une seconde carrière civile et discrète débute pour lui, au sein d’un office de la Direction Générale de l’Armement. La même année, c’est le monde du judo qui s’ouvre à lui dans le sillage de sa fille Sabine, championne régionale. “Je l’accompagnais au club de Poissy et je me suis pris au jeu d’autant que je venais à 42 ans d’arrêter le football”.
Aux côtés d’André Kientz, le Pisciacais rend des services tout en pratiquant lui-même - il sera ceinture noire en 1995. Sa nouvelle passion l’amène à embrasser de multiples fonctions à la ligue régionale de judo : responsable du suivi des compétitions, du handicap, instance disciplinaire et secrétaire général. “J’ai toujours eu des aptitudes pour le commandement et la pédagogie, j’ai aussi un bon relationnel, ça m’a poursuivi et ouvert des portes” reconnaît-il. Samedi 13 février dernier, il donnait encore un coup de main, “par camaraderie”, à l’organisation des départementaux de judo au complexe Marcel-Cerdan. Mais désormais, c’est l’Association des Médaillés militaires qui occupe la majeure partie de son emploi du temps. Décoré en 1984 et aujourd’hui président de la section de Poissy, il a là aussi gravi les échelons jusqu’à devenir Trésorier National. Entre deux déplacements, Roger Bourdoulous trouve quand même le temps d’aller en Bretagne, dans la maison de sa grand-mère, qu’il a rénovée. “C’est mon château, un vrai plaisir”. Une soupape de décompression aussi, pour ce passionné hyperactif !
Roger Bourdoulous
Partout comme un poisson dans l’eau