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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

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“Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

Le 9 novembre 1970, Il y a tout juste 47ans, le Général De Gaulle s’éteignait dans sa demeure de Colombey-les-Deux-Eglises. Disparaissait alors celui qui, aujourd’hui encore, demeure le sauveur de notre Patrie. Ce 9 novembre 1970 à quelques jours de son 80e anniversaire, le Général est dans sa résidence, installé devant sa table de bridge, dans l’attente du journal télévisé de 20h. Pris d’un malaise, il murmure « j’ai mal dans le dos... » puis s’affaisse dans son fauteuil et perd connaissance. Sa femme Yvonne, seule à ses côtés, appelle le prêtre et le médecin. Celui-ci diagnostique une rupture d’anévrisme de l’aorte abdominal. Charles de Gaulle ne reprendra jamais conscience, mais il aura le temps de recevoir les derniers sacrements avant de succomber.

« La vieillesse est un naufrage », avait-il dit à André Malraux, redoutant une fin longue et douloureuse. Son vœu implicite fut exaucé. Entre son départ de l’Elysée le 27 avril 1969 et son décès le 9 novembre 1970, le Général n’aura été retraité qu’a peine plus d’un an.

« La vieillesse est un naufrage » est l’une des nombreuses phrases prononcées par le Général et qui sont désormais gravées dans la mémoire collective. Nous pourrions en citer des centaines. « Paris outragée, Paris libérée, Paris martyrisée mais Paris libérée » ; « Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France… » ; « Le pouvoir n’était pas à prendre, il était à ramasser » ; « Je vous ai compris » ; « Vive le Québec Libre » ; « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l'Europe ! l'Europe ! l'Europe !... » ; « Pourquoi voulez-vous qu’à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?» ; « Je ne vais pas mal, mais rassure-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir » ; Ou encore : « La réforme oui, la chienlit, non »

Cet héritage du verbe n’est pas le moindre des legs que nous a laissé le Général de Gaulle. Certains hommes n’ont pas une vie mais un destin. Un destin qui les pousse à écrire l’histoire.

Le père de la Ve République, dont nous honorons aujourd’hui la mémoire, reste, pour l’ensemble des Français, celui qui a su dire NON. Non au régime de Vichy. Non au Maréchal Pétain et à l’armistice du 22 juin 1940. Non à l’entrée du Royaume Uni dans le Marché commun européen. Non au traité Transatlantique proposé par John Fitzgerald Kennedy en juillet 1962. Non à l’abandon de la liberté et de la souveraineté de notre Nation. Non à une doctrine ou une idéologie particulière.

Le Général de Gaulle est aussi celui qui a su dire OUI. Oui au vote des femmes, dès 1944. Oui à la sécurité sociale. Oui à René Coty qui fit appel à lui en mai 1958 pour former un gouvernement alors que le pays traversait une grave crise de régime. Oui à l’adoption d’une nouvelle constitution, à partir de laquelle naîtra la Ve République dans laquelle nous vivons toujours. Oui à l’unité politique de l’Europe face aux grands empires planétaires. Oui à l’émergence de grands pôles industriels et technologiques destinés à placer la France au premier rang du progrès et de la compétitivité.

Le 21 décembre 1965, c’est le peuple français qui lui a dit OUI. Le Général de Gaulle est alors élu 1er Président de la République au suffrage universel direct c’est-à-dire par tous les Français.

47 ans après la mort du Général, que reste-t-il de lui ? Beaucoup d’hommes et de femmes politiques se réclament de lui,  de ses idées, de ses valeurs. Mais, il faut bien se l’avouer, personne, depuis la mort du général, ne l’a remplacé, ni dans le cœur des Français, ni dans sa stature si particulière d’homme d’Etat. Pour nous tous ici réunis, le général de Gaulle restera un symbole, celui du courage, celui de la volonté, celui de l’amour de sa Nation. Nombreux sont les Pisciacais à lui être fidèles, chaque année, en déposant ici même une gerbe pour l’anniversaire de l’appel du 18 juin, et pour ce triste jour du 9 novembre.

Nous gardons du Général son extraordinaire amour de la France et des Français, son total dévouement pour ses concitoyens et sa volonté de faire entrer notre pays dans une nouvelle ère. Etre Gaulliste, ce n’est pas appartenir à une doctrine, ce n’est pas encenser une idéologie. Le Général lui-même n’était pas idéologue. Le propre du Gaullisme, c’est la « théorie des circonstances » : être pragmatique, réaliste et faire des choix. Savoir dire Oui. Savoir dire Non.

Mes chers amis. Pour être fidèle à la mémoire du Général, soyons courageux, forts, fiers de ce qu’est la France, fiers de ce que nous sommes. Croyons en nous, en nos valeurs. Elles nous permettront de redonner à notre Nation le souffle nécessaire. « En politique, ce ne sont pas les intentions qui comptent mais les résultats », aimait répéter le Général De Gaulle. C’est l’une des raisons de mon engagement quotidien auprès de vous.

Vive Poissy ! Vive la République ! Vive la France !”