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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

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Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

« Je ne peux pas oublier la guerre. L’horreur de ces 4 ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque. » Ces mots de Jean Giono, trouvent encore écho dans nos mémoires.

11 Novembre 1918. Le onzième jour du onzième mois à la onzième heure, dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. La guerre est terminée.

Le jour même de l’armistice, le Maréchal Foch écrit aux armées alliées où il rend un vibrant hommage aux poilus, héros de notre patrie. Je le cite : « Soyez fiers ! D’une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux. La postérité vous garde sa reconnaissance. Vous avez gagné la plus grande bataille de l’histoire et sauvé la cause la plus sacrée, la liberté du monde. » 

Cela fait aujourd’hui 99 ans que la « Grande Guerre » est terminée mais comment l’oublier ? Comment oublier un conflit qui tua plus d’un million et demi de nos soldats et plus de 300 000 civils ? Comment oublier un conflit qui fit plus de 3 millions de blessés, de brûlés, de gazés ? Comment oublier un conflit qui vit, pour la 1ère fois l’utilisation d’une arme chimique, le gaz moutarde ? Comment oublier un conflit qui bouleversa l’équilibre du monde ?

Des années sont passées, un siècle bientôt, mais les célèbres batailles de cette guerre résonnent encore dans nos mémoires. La bataille de la Marne, la bataille de Verdun, la bataille de la Somme, le Chemin des Dames. Autant de lieux devenus symboles de combats, de sacrifices de nos soldats devenus nos héros ! Comme à chaque épreuve, le peuple de notre Patrie a su faire face.

Souvenons-nous…. 1917. C’était il y a 100 ans, c’était hier. L’année 1917 reste dans l’imaginaire collectif comme l’année du grand bouleversement. Alors que tout semblait perdu deux ans plus tôt, 1917 marque un tournant. Après une année de guerre de mouvement, et deux années de batailles de tranchées, la morosité de l’armée passe subitement au refus catégorique d’aller à l’assaut : la désobéissance gagne les deux tiers des divisions françaises. Les mutineries se multiplient et déstabilisent une armée tricolore déjà affaiblie.

Les soldats français ne refusent pas la guerre, non. Ils refusent un certain type de guerre : une guerre inutilement sanglante, et des assauts dont on sait à l'avance qu'ils ne mèneront à aucune conquête supplémentaire. Seuls quelques officiers comprennent la gravité de la situation. Philippe Pétain est l’un d’entre eux.

Ce général, qui se rendra si tristement célèbre près de vingt-cinq ans plus tard, réagit en jouant le conciliateur entre une nécessaire fermeté et une judicieuse compréhension. Il améliore les conditions de vie des soldats, les repas et la régularité des permissions. Il redonne à l’armée les moyens de ne pas sombrer dans l’indiscipline généralisée. C’est un premier tournant.

1917, c’est également l’année durant laquelle le Congrès des États-Unis vote l’entrée du pays dans le conflit aux côtés des Alliés. Dès lors, les échanges commerciaux et financiers se multiplient. La mise en service de 35 torpilleurs permet de combattre la guerre sous-marine et instaure une sécurité maritime. La décision des Etats-Unis inspire des pays sud-américains tels que le Brésil, l’Uruguay et le Pérou, qui décident à leur tour, d’entrer dans le conflit.

1917, c’est aussi l’année de la Révolution Bolchévique. A peine arrivé au pouvoir, Lénine sollicite un armistice avec l’Allemagne. Les cartes sont redistribuées. 1917 ouvre le champ des possibles. La guerre est partout : à Londres comme à Paris. Sous les bombardements, les torpilles, à travers les mers et les océans, en Afrique comme au Moyen-Orient.

Dans la tranchée, la mort n’est jamais naturelle, mais elle est devenue normale. L’horreur vécue au quotidien par nos soldats, nombre de Pisciacais l’ont vécu. 304 ne sont pas revenus du front. Si nous sommes réunis ici, devant ce monument aux Morts, c’est d’abord pour leur rendre hommage. Ils étaient Français, Nord Africains, tirailleurs sénégalais, Espagnols, ils ont tous combattu pour notre Liberté, pour la légitimité de nos valeurs, pour la grandeur de notre Nation.

Certains de ces héros ont des noms qui nous sont familiers. Ayons en ce jour de souvenir une pensée particulière pour les frères Charles et Pierre Perret. Agés de 24 et 27 ans, ils moururent à une semaine d’intervalle en octobre 14. Poissy connaîtra aussi la douleur de perdre son prêtre vicaire. L’abbé René Camus s’engagea sur le front belge et dans la Marne en septembre 14. Il avait intégré le 274e régiment de ligne. Très aimé de ses paroissiens, l’Abbé Camus est également le 1er directeur de l’Association de la Saint Louis. A 26 ans, Il partira au front en laissant ces quelques mots : « Je suis parti heureux, prêt au sacrifice, prêt à m’immoler si Dieu le permet. Sachez que si je meurs, je mourrai en prêtre et en Français. » 

N’oublions pas également Albert Pouget. Incorporé dans le 240ème régiment d’infanterie. Il est très grièvement blessé par divers éclats d’obus le 26 juin 1916. Son acte de décès porte bien la mention « Mort pour la France » même s’il est décédé après la fin des hostilités.

Pour que l’horreur qu’ils ont vécue ne soit pas oubliée. Pour que leur sacrifice n’ait pas été vain. N’oublions jamais.

Le 11 Novembre 1918, Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de la Guerre tint ces mots : « A nos morts, que grâces leur soient rendues : ni eux, ni leurs familles ne seront oubliés et, si cela est en mon pouvoir, il faudra qu'un jour de commémoration soit institué en leur honneur dans la République française. »

Alors en l’honneur de nos morts et de leurs familles, vive Poissy, vive la République, et vive la France !