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Karl Olive,
Maire de Poissy,
Vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise
Vice-président du Conseil départemental des Yvelines

 

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Chers Pisciacaises, Chers Pisciacais,

André Malraux disait : « Je sais mal ce qu’est la liberté, mais je sais bien ce qu’est la libération ». Les générations qui n’ont pas connu la guerre, connaissant bien le mot liberté. Elles en connaissent la définition. Mais en connaissent-elles le privilège ?

Pour s’en assurer, il est à mon sens primordial d’organiser le souvenir. Le souvenir de nos morts, de nos sacrifiés. Il est de notre devoir d’honorer tous ceux qui ont donné leur vie, leur jeunesse, leur candeur et leurs rêves pour que nous puissions vivre en paix dans un pays qui n’a pas comme unique projet la stigmatisation, la haine de l’autre, la peur du voisin et la défiance du prochain. Il est de notre devoir de ne pas oublier ceux qui ont tant souffert. Il est de notre devoir d’honorer ceux par qui notre liberté à survécu.

Justement, nous honorons aujourd’hui 5 sacrifices. 5 pisciacais morts pour la France. 5 pisciacais qui ont eu le courage de s’élever contre la folie des hommes.

Des pisciacais dont bon nombre d’entre vous connaissent les patronymes. Et pour causes : plusieurs rues de notre bonne ville du Roi St Louis portent leurs noms. Pierre LELONG, tué par l’ennemi le 9 juin 1940. Georges CONSTANTI et Jean-Claude MARY, fusillé le 21 aout 1944 par l’ennemi dans les jours qui précédaient la libération de Poissy. Jean GUERIN, mort en service commandé le 31 juillet 1946. Et Lucien LEGENDRE, mort le 31 mars 1945, sous les bombardements alors qu’il était déporté.

Je salue aujourd’hui la présence de Nadine Legendre. Qui, par sa venue et son témoignage, participe au devoir de mémoire.

Ces 5 hommes qui font partie de l’histoire de notre ville, de nos souvenirs et de notre fierté, ont au moins deux points communs. Ils ne se sont pas agenouillés devant la barbarie ennemie et travaillaient dans la même entreprise : Floquet Monopole. Une usine de pistons et de soupapes qui a ensuite laissée sa place à l’entreprise Mahlé.

Cette plaque commémorative était à l’origine placée dans l’entrée de celle-ci, rappelant le sacrifice de 5 salariés. Les entreprises partent, les souvenirs restent. L’entreprise Mahlé a fermé ses portes mais nos livres de souvenirs restent eux ouvert à jamais.

Car, Non. Non, nous n’oublierons pas. Nous n’oublierons pas les sacrifices, les vies brisées et les destins torturés. Au travers de Pierre, Georges, Jean-Claude, Jean et Lucien que nous honorons ce jour, nous n’oublierons pas tous ces Français qui ont tant souffert. 

Et s’ils peuvent nous permettre, à travers leur parcours et par-delà les dates et les lieux, d’entendre le message commun de ceux qui ont résisté, alors leur engagement à tous n’aura pas été vain. Ils sont notre honneur. Ils sont les visages familiers qui donnent foi en l’Homme. Ils sont des passeurs de mémoire. Nous leur devons chaque jour la joie de pouvoir regarder dans le miroir de l’histoire, sans baisser la tête. Nous nous devons de ne rien oublier et d’y penser avec allégresse, car au fond, comme disait Julien Benda : « La paix, si jamais elle existe dans le temps, ne reposera pas sur la crainte de la guerre mais sur l’amour de la paix ».

En ce 25 novembre 2017 et face à cette plaque commémorative, je vous demande de bien vouloir respecter un moment de silence pour :

Pierre LELONG, Georges CONSTANTI, Jean-Claude MARY, Jean GUERIN, Lucien LEGENDRE, et les gardiens de la liberté morts pour la France.

Vive Poissy, Vive la République et Vive la France.