Le canot

CanotJep

Canot mécanique à clé JEP n°2, avec pilote apparent, JEP (Jouet de Paris [1902] 1920-1968) Montreuil-sous-bois, France, 1955. Tôle peinte, L. 28 cm. Don de Mr Laillie en 1990.
Collection Musée du Jouet, Poissy MJ. 990.55.4 © Temps de Pose 2009

Ce canot automobile, au design épuré, reprenant un modèle à succès créé dans les années 1930, fonctionne grâce à un mécanisme d’horloge - actionné en tournant la clé sur le capot - et qui entraine l’hélice arrière. Il s’inscrit dans la tradition des jouets mécaniques produits dans la première moitié du XXème siècle, utilisant diverses techniques de propulsion, à l’exemple du Raceret, petit canot de course, fonctionnant par propulsion à air chaud.

Ces canots imitent la ligne des bateaux de courses, utilisés dans le motonautisme, qui devient un sport olympique dès 1908. La propulsion poussive de ces jouets ne leur permet pas de concurrencer leurs modèles, mais quelle joie pour les enfants d’aligner leurs canots pour une course sur le bassin du parc !

L’entreprise Jouets de Paris naît en 1902 suite à la réunion de plusieurs petites firmes de ferblanterie. En 1908, l'usine s'installe à Montreuil. En 1909, un incendie ravage l'usine. Le Jouet de Paris est racheté par la Société Industrielle de Ferblanterie (S.I.F). Les productions seront marquées J. de P., puis en 1928 rebaptisé JEP. Cette importante usine va fournir, surtout à partir des années 1925-30, quelques-uns des beaux jouets français : automobiles (Renault, Talbot, Bugatti) et trains (le Pacifique, le Train bleu, la Flèche d'Or). En 1925 et en 1937, Jouet de Paris expose avec succès ses productions aux Expositions Internationales à Paris. Elle cesse ses activités en 1968.

Le musée du Jouet possède 10 autres canots automobiles, dont le célèbre Ruban bleu n°1, édité en 1948, don de Mr Thauvin en 2009. 


La charrette du laitier

Lenoble fabricant (1899-1930), France, 1916. H. 48 x 85 cm. Collection Musée du Jouet, Poissy MJ.75.1.2
 
Charette laitier

Cette belle charrette, réalisée par la maison Lenoble en 1916, est en bois verni, avec des roues en fer. Elle transporte 8 bidons de lait en fer blanc, et est tirée par un cheval en papier mâché et bois, peint et vernis. Sa queue est en cheveux naturels bruns, sa crinière en soie noire, son harnachement en cuir, orné de grelots d'aluminium. Trois petites lanternes sont accrochées à la charrette.

La société Georges Lenoble, anciennement Maison Victor Desportes, est spécialisée dans la fabrication d’animaux en peaux, d’écuries, de blanchisseries. Elle est installée à Senlis puis, après un incendie dévastateur, boulevard Voltaire à Paris. Le noble compte une douzaine de salariés qui travaillent le bois, mettent en forme le carton, gainent de peau les animaux, ou réalisent le flocage.

Ce jouet illustre parfaitement la vie quotidienne d’autrefois (avant 1950), aussi bien dans les villes que les campagnes, où le laitier après avoir fait provision de lait à la ferme, livrait les épiceries et les particuliers de leurs bidons de lait.

Le musée du Jouet possède également 16 charrettes de différentes tailles, celle-ci en est sans nul doute la plus luxueuse, et la plus charmante.


Guignol et Gnafron, marionnettes originales de Laurent Mourguet

Lyon, vers 1820. H : 45.5 cm - Coll. Musée du Jouet, Poissy inv.MJ.75.11.1 et 2
 
Marionnettes

Il s’agit de deux marionnettes à gaine en bois enduit, sculptées à la main. L’une porte un costume de drap noir,gansé de rouge, et l’on reconnait à sa tresse en crin noir qu’il s’agit de Guignol ; l’autre porte un costume brun et une cape noire, ainsi qu’un chapeau haut-de forme, il s’agit de son comparse Gnafron.

Ce célèbre personnage de spectacle de marionnettes, encore connu - avec Polichinelle - des enfants d’aujourd’hui, est né de l’imagination de Laurent Mourguet (1769-1844), forain et marchand, venant d’une famille d'ouvriers canuts lyonnais. Devenu arracheur de dents en 1797 il exerçait son art sur les places publiques, les foires, détournant l'attention de ses clients à l’aide d’un spectacle de marionnettes inspiré du théâtre italien (Arlequin, Polichinelle et les autres personnages de la commedia dell'arte).

Entre 1804 et 1808, il invente ses propres personnages : Guignol, lui ressemblant physiquement (visage aux gros yeux, nez retroussé, joues colorées), contestataire, impertinent, gouailleur déformant les mots, ses comportements ressemblant à ceux des canuts dont il devient le porte-parole lorsque les soyeux lyonnais sont concurrencés par la soie étrangère ; Gnafron, philosophe dont les propos sont toujours pleins de bon sens, =tempère l'ardeur de Guignol mais aime faire la fête avec lui.

En 1820, Laurent Mourguet monte une troupe et se fait accompagner de ses enfants pour donner des représentations. En 1839, alors qu'il est âgé de 70 ans, il crée le premier café-théâtre Guignol permanent. Laurent Mourguet prend sa retraite en 1840 et réside rue du 4 septembre à Vienne (Isère), ville où il meurt en 1844. Deux de ses dix enfants reprennent son théâtre de Guignol.

Le musée du Jouet possède également 4 marionnettes de Guignol du début du XXe siècle, ainsi que 4 castelets pour enfants. 


La poupée Huret, son mobilier et son trousseau.

Maison Huret (1850-1937), France, Paris, 1852-55. H : 46.5 cm - Coll. Musée du Jouet, Poissy MJ.996.11.1.1 à 21
 
Poupee huret

La tête et le buste de cette poupée luxueuse sont en porcelaine, le corps - en bois tourné - est parfaitement articulé. Les avant-bras et les mains sont en métal peint. Elle a été acquise par le musée du Jouet de Poissy en 1996, avec l’aide du Fonds régional d’acquisition pour les musées d’Ile-de-France. Elle est équipée de quatre robes ou ensembles à crinoline, de chapeaux, de nombreux dessous de dentelle, d’accessoires raffinés (montre à gousset, manchon de velours, chaussons d’intérieurs, boîtes à chapeau, ombrelle en soie, couronne de mariée, jumelles d’opéra…), ainsi que de sa malle et d’un fauteuil de fer doré et velours rouge, lui aussi de la marque Huret.

La firme Huret, dirigée par Adélaïde Calixte Huret (1813-1905), fille d’un célèbre serrurier du roi, a produit des poupées à Paris entre 1850 et 1867. La Maison Huret s’est imposée sous le Second Empire pour la qualité de ses poupées jouets révolutionnaires. La grâce de leurs expressions, l’articulation très élaborée de leur corps leur permettant de prendre des attitudes très réalistes, la richesse de leurs garde-robes, reflétant aussi bien la mode enfantine qu’adulte, ont établi les poupées Huret comme les reines des jouets de cette période.

Cette poupée et une partie de ses accessoires est actuellement présentée au musée de la Nacre et de la Tabletterie à Méru (60110), à l’occasion de l’exposition « Il était une fois… des jeux anciens à l’univers du jouet » du 24 novembre 2016 au 28 mai 2017. http://musee-nacre.com/