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Les conseillers municipaux juniors (CMJ) de Poissy ont rencontré samedi 26 mai, Geneviève Brousset, figure de la Résistance. La Pisciacaise a répondu avec sa bonne humeur et sa générosité coutumière à toutes les questions des enfants sur son engagement héroïque lors de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle n’était qu’une adolescente.

Accompagnés de Karine Emonet-Villain, conseillère déléguée au logement et au CMJ et de l’élu Pierre-Alexandre Duchesne, les enfants avaient préparé leur interview. Après un rapide rappel du contexte (le second conflit mondial et l’occupation de la France par les forces allemandes à partir de 1940) Geneviève Brousset est revenue sur son rôle dans la Résistance aux côtés de sa mère et de son frère. « Ma mère était une combattante. Elle a construit le réseau Valmy. Il y avait plein de gens, dont mon frère qui était pilote pendant la guerre et qui assurait les liaisons entre la France Occupé et l’Algérie où il rencontrait le général De Gaulle. Je ne savais pas où il décollait ni ou il atterrissait. C’était top secret ». 

Geneviève Brousset, 14 ans à l'époque, s’occupait pour sa part des liaisons. « Je portais les messages et les ordres aux uns et aux autres. Parfois des armes. Nous faisions aussi de nombreux faux papiers – on a dû en faire un millier – et nous cachions beaucoup de gens. Pour les Anglais, on a relevé les plans du pont de Conflans et du pont de Poissy, on faisait des repères. Mon frère étant aviateur, cela aidait. Je n’ai jamais attaqué qui que ce soit, j’étais trop jeune. Quand la guerre s’est terminée, j’avais seulement 18 ans…», précise-t-elle.  

Dans la Résistance, elle apprend à conduire… à 15 ans. « On mettais des armes dans les voitures et je conduisais devant. A 15 ans, on m’en donnait 20. J’ai été contrôlée deux fois, et à chaque fois j’ai crié “Heil Hitler” – les deux seuls fois de ma vie - et ils m’ont laissé passer. Il y avait des mitraillettes à l’arrière et mon frère», sourit-elle aujourd’hui, précisant toutefois aux conseillers juniors que vivre au quotidien avec la peur de se faire arrêter était « très difficile». 

La peur, Geneviève Brousset l’a affrontée de nombreuses fois durant la guerre. Et de citer ce contrôle dans Paris, alors qu’elle transportait des armes. « ll y avait des Français et des Allemands. Un gendarme a contrôlé mon sac, a regardé dedans puis m’a souhaité “bon courage et bonne chance”, avant de le refermer». Beaucoup de ses amis n’auront pas sa chance et perdront la vie durant ces années terribles. « Quel est le souvenir le plus marquant ? » lui ont demandé les jeunes Pisciacais. « La disparition de mes amis et de mon frère. Il a été dénoncé et arrêté en 1944, quatre jours après sa dernière rencontre avec De Gaulle. Mon frère a été martyrisé, déporté et tué. De Gaulle nous a reçu après la guerre et il a demandé pardon à maman pour ne pas avoir retenu mon frèr e», se rappelle-t-elle.

Parmi les objets et documents présentés par Geneviève Brousset aux enfants du CMJ : ses anciens faux papiers, un poste de radio caché dans un cadre photo illustré par une image de son frère aviateur, ou encore le diplôme de Croix d’honneur du mérite franco-britannique, remis à sa maman pour sa bravoure lors de la guerre. Une rencontre particulièrement riche et instructive dans le cadre du devoir de mémoire en direction des jeunes générations. 

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