Quilles, Vilac / Moirans-en-Montagne / 1960 / bois / Collection Musée du Jouet de Poissy  Inv. MJ.997.23.1

Ces 7 quilles en forme de marins, d’une hauteur de 21 cm et accompagnées de deux boules, parfaites pour jouer en extérieur l’été, sont en bois tourné et peinte en bleu. Elles ont été produites par la maison Vilac à Moirans-en-Montagne en 1996. La maison Vilac, créée en 1911 dans le village de Moirans-en-Montagne, est une enseigne jurassienne spécialisée dans la fabrication de jouets en bois tourné et laqué et qui est toujours en activité.

Ces quilles utilisables en plein-air font partie de la catégorie des jeux d’extérieur mais aussi des jeux d’adresse et de force, le but étant en effet de faire tomber le maximum de marins à l’aide des boules en bois. La boule peut être lancée ou roulée pour faire tomber les quilles. Il existe finalement différentes variantes du jeu de quilles, selon le nombre de quilles à faire tomber, mais aussi la grosseur de la boule utilisée ou l’endroit où on le pratique, une des variantes étant par exemple le bowling, sport qui se pratique en intérieur.

Ces quilles font partie des nombreux jeux d’extérieurs présents dans les collections du musée comme les cordes à sauter ou les cerfs-volants. Elles ne sont pas non plus les seules de la collection puisque des quilles à têtes de clowns, en forme de pompiers, d’arbres ennéigés ou représentants des personnages humoristiques sont également conservées.  Présentées en 2009 lors de l’exposition « Y’a du sport au musée ! », elles sont actuellement exposées dans les vitrines du musée à l’occasion de l’exposition « Jardins d’enfance ».

Le jeu du Tour de France

Le jeu du Tour de France, OGEP / Paris / 1949 / carton imprimé / Collection Musée du Jouet de Poissy Inv. MJ.991.49.19

Le Jeu du Tour de France parait en 1949, alors que le tour cycliste a repris depuis 2 ans - suite à la 2de guerre mondiale – et est retransmis pour la deuxième fois par la télévision. Sport et événement populaire, créé en 1903, soutenu par la presse sportive (ici L’Equipe et Le Parisien libéré), le Tour de France fait l’objet de nombreux produits dérivés dont ce jeu de parcours est un exemple.  Ce jeu est dédié à Henri Desgrange (1865-1940), père du Tour de France cycliste.

Composé de 100 cases numérotées  sur un parcours en boucle,  sur fond de carte de France figurant les spécialités régionales et les costumes folkloriques, de Paris (1) à Paris (100),  les joueurs font évoluer des pions découpés dans des planches en papier et positionnés sur socles en bois (coureurs internationaux et régionaux, supporters, véhicules de la caravane publicitaire), avec une banderole recto-verso Départ/Arrivée.

"Pour rendre le jeu encore plus passionnant : ... vous pouvez donner aux couleurs, suivant leur nationalité ou leur région, les noms de vos champions préférés. Par exemple, le coureur français peut s'appeler : Bobet, Robic ou Lazarides ; le Belge : Schotte ou Impanis ; l'Italien : Bartali ou Coppi ; le régional du Sud-Ouest : Lapébie ; le Breton : Cogan, etc. Il n'est pas interdit non plus de faire appel aux anciens champions : Christophe, Thys, Alavoine, Bottechia, les frères Pélissier, Magne, Leducq, Speicher, Cuvelier, etc. Enfin, vous pourrez prévoir des prix (menue monnaie, jetons ou objets) pour récompenser les joueurs dont les coureurs seront les mieux classés".

Présenté en 2009 lors de l’exposition « Y’a du sport au musée ! », il est actuellement exposé dans les vitrines de la dernière partie du parcours permanent.

Dimanche 18 juillet, les coureurs de la 21ème étape passeront à Poissy aux alentours de 16h34, passage bd Louis Lemelle, devant la Mairie, puis avenue des Ursulines, rue de la Tournelle et La Maladrerie !

Piano droit

Piano droit1870 / Acajou, laiton, verre, bois, soie, papier/ Collection Musée du Jouet de Poissy Inv. MJ.2008.7.1, Don REBILLARD 

A l’occasion de la Fête de la Musique ce lundi 21 juin, nous vous présentons un piano miniature du XIXe siècle. D’une longueur de 50cm et d’une  hauteur de 36,5cm, il s’agit d’un  jouet pour enfants assez raffiné. En effet, le placage en acajou, la soierie rouge, les deux bougeoirs ainsi que la petite lyre en sont des témoins. Une partition de balade irlandaise est collée sur le rabat protégeant le mécanisme intérieur.

Daté de 1860, c’est aussi l’un des plus anciens  pianos et jouet musical et sonore des collections du musée. Un autre petit piano droit miniature, avec bougeoirs et  mécanisme se trouve également dans une maison de poupée exposée dans les salles du musée. Les collections du musée sont dotées d’autres jouets et instruments faisant appel à la musique et aux sons, tel qu’un accordéon,  harmonica,  violon,  gramophone ou encore hochets.

Il s’agit d’une version miniature des pianos droits que l’on trouve dans les intérieurs bourgeois et aristocratiques du XIXème siècle. Ce petit piano n’avait une vocation d’apprentissage, mais une vocation ludique pour les enfants. Il leur permettait de produire et écouter des sons et de se familiariser avec la musique. Les livres de chansons et les comptines également participent également à la construction de cette culture musicale enfantine

Pour valoriser ce patrimoine musical, le Musée du Jouet, en collaboration avec la classe de chant du Conservatoire de Poissy, a produit en 2019 un enregistrement de plusieurs chansons de la fin  du XIXème et du début du XXème siècle que vous pouvez écouter dans les salles.

Sophie la Girafe

Sophie La Girafe, DELACOSTE et Cie, Paris / 1961 / caoutchouc naturel / Collection Musée du Jouet de Poissy, inv.MJ.2018.8.4

Sophie la Girafe fête ses 60 ans en ce 25 mai 2021. Elle doit son nom à sa sortie le jour de la Sainte-Sophie le 25 mai 1961. Haute de 18.5 cm, Sophie la Girafe se tient debout, la tête tournée vers la gauche, sa queue est intégrée à sa patte arrière gauche. Elle est tachetée de noir et de marron au pochoir. Un sifflet en caoutchouc est intégré au corps.

Jouet couineur en caoutchouc crée par la société DELACOSTE en 1961, Sophie est cependant le second modèle de girafe crée par la société. En effet, elle est la petite sœur de Zoé créée quelques années plus tôt en 1959.  Zoé haute de 46 cm est finalement trop grande et peu pratique pour les nourrissons. En revanche, Sophie plus petite connait un succès immédiat et durable dans le monde entier. Deux autres versions, nommées Cléo et Mona, sortent aussi en 1980 mais ne connaissent pas le même succès. Chaque girafe possède 76 taches !

La société DELACOSTE est rachetée en 1981 par VULLI qui assure toujours la production de Sophie la Girafe et - depuis quelques années - de ses nombreux produits dérivés : hochets, peluches, veilleuses, boule à neige, vaisselle et vêtements  pour bébé…

Sophie la Girafe est un jouet d’éveil, utile au développement psychomoteur et sensoriel des nourrissons de la naissance à 8 mois. Jouet mou en caoutchouc naturel, facilement manipulable par les bébés et pouvant être pressée, pliée, sucée et mordue ce qui émet un couinement au niveau de son ventre.

Elle a été exposée au Musée du Jouet pour la première fois à l’occasion de l’exposition « Quand J’étais bébé, 1945-2005 : Le baby-boom des jouets d’éveils » en 2010. Actuellement présente dans les vitrines, elle fait partie d’un ensemble de jouets de bébés et de naissance conservés au musée, ce dernier possède 14 jouets de la société DELACOSTE et 9 jouets de la société VULLI. Sophie la Girafe est aujourd’hui un jouet culte, très souvent offert en cadeau de naissance.

Paire de patins à roulettes

Paire de patins à roulettes, 1960, Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.77.13.5

Fabriquée en 1960, cette paire de patins à roulettes de la marque française Midonn associe le monde du sport et les jeux de plein air. Conservés avec leur boîte d’origine en carton, ils sont chacun composés d’une armature métallique sur laquelle sont fixées 4 roues en caoutchouc ainsi qu’une lanière de cuir servant à fixer le pied chaussé.

L’on assiste à la fin du XIXe siècle au développement de la pratique sportive, avec la multiplication d’associations (gymnastique, football, rugby, etc.) et la mise en place de concours sportifs comme les Jeux Olympiques, fondés en 1896 ou la création du tour de France en 1903. De plus, les progrès techniques permettent l’apparition des sports mécaniques comme le cyclisme, l’automobile, l’aviation ou encore le nautisme. D’autre part, l’apparition des congés payés, au début du XXe siècle, offre plus de temps libre aux classes moyennes et a pour conséquence une diffusion plus large de la pratique sportive. Pour ce qui est de la glisse, le patinage sur glace évolue à la fin du XIXe siècle avec l’essor du patinage sur roulettes. S’ouvrent alors en Europe des espaces dédiées (skating rinks) où un plancher de bois vient remplacer une surface de glace. Après-guerre, les skate boards et les patins à roulettes envahissent les routes et les trottoirs ; symboles de vitesse et de liberté, ils sont aujourd’hui encore des emblèmes de la jeunesse.

Cette paire de patins à roulettes est issue des ateliers du fabricant français Midonn, actif pendant les trois premiers quarts du XXe siècle. Très diversifiés, de produits à la fois robustes et légers, proposent autant des articles à destination des sportifs que des accessoires pour le grand public et, comme ici, pour les enfants.

Si cette paire de patin valorisée dans le cadre de l’exposition Jardins d’enfance n’est pas accessible pour le moment, il est toutefois possible de la retrouver sur le site internet du Musée du Jouet : http://musees.ville-poissy.fr/fr/

Poupée Françoise

Poupée Françoise, du magazine Modes et Travaux, Société Nobel France, Paris / 1951/ celluloïd / Collection Musée du Jouet de Poissy  inv.MJ.87.15.1 don Mme Soufflet

La poupée Françoise est bien connue des fillettes des années 1950-60. Vendue par le magazine Modes & Travaux, elle est l’héritière de la poupée Bleuette de la première moitié du XXème siècle, dont nous avons déjà parlé ici, et que certains d’entre vous ont découverte lors de la Nuit des musées numérique 2020.

Cette poupée en celluloïd, haute de 39 cm, aux cheveux moulés et peints, fabriquée à partir de 1951 par la Société Nobel France, pouvait être habillée d’après les patrons publiés chaque semaine dans le journal. Les petites mamans, aidées de leur mère ou grand-mère, pouvaient ainsi s’initier à la couture tout en réalisant le trousseau de leur poupée. Vêtements d’hiver, vêtements de pluie, vêtement de vacances pour la plage ou la montagne, sous-vêtements et maillot de bain, anorak et chandails, vêtements de soirée et de cérémonie… la panoplie de la poupée suit les modes, les saisons et les occasions.

Françoise a un petit frère appelé Michel, qui apparaît en 1954, également présent dans les collections du Musée du Jouet. Elle a connu plusieurs versions au fil des décennies, avec changement d’aspect et de prénom : ainsi trouve-t-on Marie-Françoise, sœur jumelle de Françoise à partir de 1958, Francette en 1960, Jean-Michel en 1969, et Emilie dans les années 1986-2000. Entre temps la production est passée  à la fabrique Petitcollin qui rachète SNF en 1963. La tête est désormais souple vinyle, les cheveux synthétiques, les yeux dormeurs, et le corps en polyéthylène.

Le Musée du Jouet a reçu en legs en 2018 la collection de poupées d’Elisabeth Chauveau,  grande spécialiste des poupées Bleuette, Raynal et Petitcollin, dont certaines sont présentées actuellement dans les salles.

Il existe encore aujourd’hui de nombreux sites et blogs où trouver des patrons pour habiller sa poupée, alors petits, grands ou très grands enfants, n’hésitez pas à vous mettre à la couture!

Expédition au Pôle Nord

Expédition au Pôle Nord et La Course au Pôle Nord, vers 1909, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.86.35.12.1.1 à 5, MJ.999.43.1

Réalisés vers 1909, le jeu de société allemand Expédition au Pôle Nord et l’automate La course au Pôle Nord évoquent tous deux les activités liées aux sports d’hiver. Le premier est un jeu de parcours en carton représentant divers paysages du cercle polaire accompagné de 5 pions-esquimaux en composition et de deux gobelets de dés. Le jouet mécanique de la marque française Fernand Martin montre un inuit sur son traineau tiré par quatre chiens.

Venu d’outre-Rhin, ce jeu allemand adopte le même fonctionnement qu’un jeu de l’oie traditionnel : deux à cinq joueurs avancent (ou reculent) leur pion à tour de rôle, en fonction de la valeur des dés, sur des cases numérotées allant de 1 à 100. Il se veut également pédagogique puisqu’il est inspiré des exploits de l’Américain Robert Edwin Peary, connu pour être le premier à avoir atteint le pôle géographique Nord le 6 avril 1909 au cours de sa huitième et dernière expédition, effectuée en traîneau à chiens.

Le petit automate, quant à lui, dispose d’un mécanisme d’horlogerie qui lui permet de tourner autour d’une demi-sphère de métal symbolisant le pôle Nord. Ce jouet est issu des ateliers de Fernand Martin, qui fonde la première fabrique du même nom en 1880. Présent aux expositions universelles, il reçoit de nombreuses récompenses pour ses créations. Il s’inspire par ailleurs de ce jeu allemand pour concevoir cet inuit à traîneau tiré par des chiens.

Valorisés en 2010 dans le cadre de l’exposition Y’a du sport au musée, et alors que débuteront prochainement les vacances d’hiver, voici deux raisons de vivre les sports d’hiver et d’amuser les enfants sans sortir de chez soi !

Roi Mage

Roi Mage, XXè siècle, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.997.38.1

Réalisé en papier mâché peint, ce mage de presque deux mètres de haut fait indirectement référence au monde des jouets à travers la tradition millénaire de l’offrande de cadeaux autour de la période de Noël. Façonné en demi-corps (l’arrière de la figure est plat), il est habillé d’une robe rouge et verte recouverte d’une cape en hermine blanche et est coiffé d’un turban jaune et vert. Il tient dans ses mains un coffret doré (qui sert de boîte à lettres).

L’histoire des « rois » mages est tirée de l’Évangile de Saint-Matthieu qui nous raconte l’Épiphanie, 12 jours après la naissance de Jésus, à Bethléem. Guidés par une étoile, les mages venus d’Orient arrivent jusqu’à la crèche et rendent hommage au Christ. Ils lui offrent alors trois présents : de l’or (symbole de royauté), de la myrrhe (qui préfigure la Passion) et de l’encens (évocation de l’Esprit Saint qui monte vers le ciel). La postérité aura retenu trois mages que l’on considère comme des rois : Gaspard, Balthazar et Melchior (ici représenté). À l’approche des fêtes, dans la tradition espagnole du début du XXème siècle, ce dernier invite les enfants à mettre leurs lettres au Petit Jésus pour recevoir des cadeaux le 25 décembre. Ainsi, le mage fait office de Père Noël dont il partage quelques traits physiques.

Le rite païen de la galette des rois nous vient de l’Antiquité où les Romains, pour célébrer le dieu Saturne, offrent l’opportunité à un esclave de devenir maître pour une journée et de réaliser tous ses désirs pendant cette période. La fève, cachée dans le gâteau, permet de désigner le futur roi d’un jour.

En cette nouvelle année, cheminons, tels les rois mages, vers des jours heureux ! Meilleure année à toutes et à tous !

Starlettes

Starlettes, 2003, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.2005.13.61.1 et 2

Fièrement élancées sur leurs quatre pattes, ces deux ponettes particulièrement pigmentées évoquent les jeux et les jouets associés aux bandes dessinées et aux séries télévisées. Surnommées Starlettes, ces jumelles roses et mauves disposent d’une longue crinière et d’une queue en nylon avec quelques mèches étincelantes. Elles possèdent chacune une brosse pour coiffer leur crinière, ainsi qu’un broche ornée de rubans colorés.

Fondée dans les années 1920, la société américaine Hasbro crée dans un premier temps des accessoires textiles et de papeterie avant de s’orienter vers la conception de jouets. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l’entreprise met sur le marché plusieurs produits qui rencontrent rapidement un franc succès comme M. Patate, les soldats miniatures G.I. Joe ou encore les figurines animalières de la gamme My Little Poney. Lancée au tout début des années 1980, cette série rassemble des poneys en plastique et nylon, reconnaissables à leurs coloris chatoyants et aux « marques de naissance » disposées sur les flancs et qui constituent en quelque sorte leur identité. Les masques de théâtre et les notes de musique ici représentées indiquent l’appartenance de ces ponettes au champ lexical de la fête. Si le garçon s’est approprié la figure du cheval associé depuis longtemps à l’image du soldat, du cavalier, du chevalier héroïque, du cow-boy, du voyageur ou encore du fermier, cet animal est depuis peu, grâce à My Little Poney, lié au monde des filles. Indirectement, cette gamme de jouets a contribué à populariser certaines professions auprès des petites filles : monitrice d’équitation, jockey, vétérinaire, ou encore éleveuse.

Alors que s’achève une année 2020 particulièrement terne et morose, les Starlettes remettent de la couleur et de la joie de vivre dans notre quotidien, et qui sait… peuvent faire naître des vocations ! 
À l’année prochaine au Musée du Jouet !

Affiche de Noël

Affiche, 1893, illustration par Firmin Bouisset (1859-1925), Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.999.54.1

Mesurant presque deux mètres de hauteur, cette affiche de Noël datée de 1893 évoque le commerce de jouets particulièrement intense à l’approche des fêtes de fin d’année. Elle met en scène le Père Noël habillé d’une houppelande verte avec capuche à fourrure et tenant une lanterne allumée dans une main et un panier garni de sucreries dans l’autre. Il transporte sur son dos une hotte remplie de jouets (polichinelle, poupées, quilles, etc.).

La tradition qui consiste à offrir des présents a pris différentes formes à travers l’histoire : les Romains de l’Antiquité offraient des rameaux coupés et des palmes à la déesse Strena (ce qui donnera en français le mot « étrennes ») ; la mode du cadeau remis aux enfants à Noël a été instaurée bien plus tard par l’aristocratie et la bourgeoisie chrétienne occidentale au XVIIème siècle, puis se démocratise au XIXème siècle : les petites filles recevaient des poupées, les petits garçons des figurines ou des chevaux à bascule. Dans les milieux populaires, les présents consistaient en des friandises, biscuits, pains d’épices et oranges.

La figure du Père Noël est assez récente. Avec la naissance des Grands Magasins à la fin du XIXe siècle, la place de l’enfant devient plus importante et Noël devient la fête des enfants, ainsi qu’une véritable fête commerciale. Les affiches comme celle-ci fleurissent à l’approche de Noël au Bon Marché, à la Samaritaine, au Printemps, ou encore aux Galeries Lafayette. Mais le Père Noël tel que nous le connaissons aujourd’hui, habit rouge, visage joufflu illuminé avec l’embonpoint de bon aloi, est un pur produit des États-Unis qui en détourne l’image dans les années 1930 pour promouvoir aujourd’hui encore une célèbre marque de soda.

À l’approche des fêtes de fin d’année, il reste encore quelques jours pour prendre la plume et rédiger votre plus belle lettre au Père Noël. Qui sait, peut-être vous répondra-t-il avant de déposer ses cadeaux au coin du sapin ?

Théâtre miniature

Théâtre miniature, vers 1882, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.997.1.1

Réalisé au début des années 1880, ce petit théâtre d’une trentaine de centimètres évoque plusieurs thématiques de la culture enfantine. Il se présente sous la forme d’un album comprenant quatre décors de théâtres illustrant chacun un célèbre conte pour enfant : Le Petit Chaperon rouge, Martin l’ours, les Rois Mages, l’Arbre de Noël (ici représenté). Chaque décor est interchangeable au moyen d’une languette située sur la partie supérieure. Un court texte associé à chaque scène permet une contextualisation et donne vie au récit.

Les théâtres miniatures comme celui-ci, occupent une place importante dans les réflexions apportées autour de la pédagogie par le jouet à l’époque de la Révolution. Plus tard, avec la réglementation du travail des enfants et l’application en 1841 de la loi Guizot et Ferry rendant progressivement obligatoire l’instruction publique, les écrits pédagogiques connaissent une véritable explosion. Les jouets pédagogiques se multiplient et abordent tous les thèmes : histoire, religion, géographie, mathématiques, littérature. Bien que réalisé en papier et carton, ce type de jouet, richement décoré, s’adresse aux familles aristocratiques, souvent aussi amateurs de pièces de théâtre et d’opéras. En offrant ce genre de cadeau à leurs enfants, les parents transmettent ainsi leur goût des spectacles.

Si l’épicéa était utilisé dès l’Antiquité pour signifier la renaissance du soleil en décembre, le sapin, en revanche, s’impose dans les foyers en Europe du Nord dès le Moyen Âge. La coutume arrive en France par les Alsaciens réfugiés en France lors de la guerre de 1870, puis s’est diffusée ensuite sur tout le territoire.

À l’approche de Noël, pourquoi ne pas prendre exemple sur ce petit théâtre pour organiser son intérieur et habiller son sapin pour faire sensation auprès de la famille ?

Avion

L'avion, 1935, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.89.45.1

Réalisé en 1935 à Nuremberg et mesurant environ 50 cm de long, ce biplan miniature en tôle de la marque allemande Tipp & Co illustre l’essor des jouets mécaniques commencé à la fin du XIXe siècle. Sur son fuselage bleu et blanc viennent se fixer deux grandes ailes superposées. Le nez de l’appareil est orné d’une grande hélice tandis que deux petites sont fixées sur les ailes à côté d’ampoules miniatures. Un mécanisme actionné par une clef sur le train d’atterrissage permet de faire tourner les roues, les hélices, et d’allumer les lumières.

Depuis la Révolution industrielle dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les progrès techniques dont profite le monde des jouets encouragent les fabricants à innover et à concevoir des produits plus complexes : c’est l’essor du jouet mécanique qui détrône progressivement le jouet en bois. Animé par un système électrique, à vapeur, ou comme ici, à friction, ces nouveaux objets ludiques deviennent omniprésents dans les chambres des enfants.

Actif entre les années 1910 et 1970, l’entreprise allemande Tipp & Co réalise des modèles réduits de véhicules. Comme beaucoup de fabricants, l’enseigne mise sur les exploits de pionniers comme Louis Blériot, Henri Farman ou encore Hubert Latham pour l’aviation, et profite de l’apparition des sports mécaniques comme le cyclisme, l’aviation, l’automobile et des performances médiatisées pour créer des produits à travers lesquels les enfants s’imaginent être les héros de ces exploits.

Jadis valorisé dans l’exposition Y’a du sport au musée, en 2009-2010, ce bel avion est aujourd’hui magistralement suspendu dans une vitrine du parcours permanent et n’attend plus que le retour des visiteurs pour être admiré.

Boîte à oublies

Boîte à oublies, vers 1925, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.76.8.12

L’objet mystère présenté la semaine dernière était une boîte à oublies miniature de 13 cm, fabriquée en 1925, pour jouer à l’oublieur avec ses poupées.

Une oublie est une pâtisserie très populaire dès le  Moyen Âge. Ronde et fine, elle était préparée à partir de farine, d’eau, de lait ou de vin blanc et de sucre (qu’il était possible de remplacer par du miel), cuite entre deux palettes de fer par l’oublieur  et roulée en cylindre creux. On raconte que l’on donnait ce nom aux gâteaux car ils étaient si légers qu’une fois dégustés, on ne s’en souvenait plus !

Il existait une corporation des oublieurs dont les statuts sont définis dans une ordonnance de 1270, sous le roi Saint Louis. Ainsi, tout le monde ne pouvait pas devenir maître-oublieur : on devait  suivre un apprentissage et accomplir un chef d’œuvre, soit  1000 oublies à réaliser en un jour !

 C’était pendant le Carnaval que le commerce d’oublies devenait le plus important : vers sept heures du soir, l’oublieur  parcourait les rues avec  sa corbeille  remplie d’oublies en criant, chantant ou en faisant du bruit avec une crécelle pour attirer les clients. Les oublies étaient jouées aux dés : lorsque le marchand d’oublies  gagnait, il était payé en argent. Lorsqu’il perdait, il devait donner des oublies. Par la suite, la corbeille des oublieurs est remplacée par un petit tonneau à la forme allongée qui pouvait mesurer jusqu’à 80 cm. Il était porté par une bandoulière sur l’épaule comme le montre l’image ci-dessus. Sur le couvercle, un tourniquet avec une flèche  a pris la place des dés de l’oublieur. Les enfants faisaient tourner la flèche de cette loterie miniature et pouvait gagner  le nombre d’oublies supplémentaires indiqué.  Au XIXe siècle, les marchands d’oublies vendent également des sucres d’orges, macarons et gaufres jusqu’à la disparition progressive de ce métier en France au XXe siècle.

Demandez à vos grands-parents si, dans leur enfance, ils ont déjà joué à la loterie quelques sucreries avec un marchand d’oublies !

Le livreur

Le livreur, 1888,  Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.82.19.1

Réalisé en 1888 par le fabricant français Fernand Martin, Le livreur illustre parfaitement  l’histoire des jouets de la fin du XIXème siècle. Mesurant moins de 20 cm, ce petit jouet mécanique en tôle  estampée, agrafée et peinte, représente un personnage  tirant un remorque. Il est vêtu d’une veste bleue et d’un pantalon rayé, coiffé d’une casquette.

Les progrès scientifiques et la Révolution industrielle de la fin du XIXème siècle marquent ce que les historiens appellent « l’âge d’or des jouets ». Progressivement, les jouets métalliques aux mécanismes élaborés volent la vedette aux traditionnels objets en bois. Ces nouveaux jouets animés, fonctionnant à l’électricité, à la vapeur, ou comme ici, avec un mécanisme aux mouvements répétés et saccadés, enthousiasment véritablement les plus jeunes.

La marque française Fernand Martin, dont est issu Le livreur, a été créée en 1880 par l’inventeur du même nom. Depuis l’enfance, ce génie fabrique des automates inspirés de personnages réels, de scènes de la vie quotidienne capturés sur l’instant grâce à un appareil photo.

Le Livreur et bien d’autres jouets du même fabricant sont actuellement valorisés dans le parcours permanent du Musée du Jouet qui rouvrira prochainement ses portes au public. Une petite vidéo accompagne cet objet, permettant d’admirer des jouets du même type en mouvement.

Jeu de construction Meccano

Jeu de construction Meccano, vers 1930, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.83.21.1

Produit vers 1930, ce jeu de construction de la marque française Meccano illustre le développement des jeux de construction. D’une trentaine de centimètres, la boîte cartonnée contient un assortiment de pièces détachées (bandes et plaques perforées, ficelle, bobine, clef anglaise, écrous, boulons, etc.) destinées à fabriquer différentes figures (grue, avion, bateau, voiture, monument).

Durant l’entre-deux-guerres, sous l’effet de l’évolution des techniques architecturales, les jeux de construction en métal côtoient les ensembles traditionnels en bois. Appréciés des petits et des grands, les jouets Meccano révèlent les principes de construction qui régissent l’architectures métallique.

Fondée par le Britannique Franck Hornby en 1907, Meccano installe rapidement ses usines en France (Belleville, Bobigny et surtout Calais) et connaît un succès fulgurant. L’entreprise  mise depuis toujours sur la simplicité : aucun outil supplémentaire, autre que ceux contenus dans les boîtes Meccano, n’est requis pour la réalisation d’une grande variété de figures ; de plus, chaque boîte permet de construire une multitude de modèles qui n’ont de limites que celles de l’imagination du petit architecte ou de l’apprenti ingénieur.

Actuellement valorisés dans le parcours permanent du Musée du Jouet, les jeux Meccano sont aussi mis en avant dans le cadre de la programmation culturelle à la Maison de fer ; la Ville de Poissy y propose une exposition et des activités culturelles sur les jeux de construction. Alors, d’ici la levée du confinement, quoi de mieux que de concevoir, chez soi, les plus beaux édifices ?

La nuit des musées

La nuit des Musées présentée par les petits ambassadeurs

A l'occasion de la Nuit des musées, le Musée du Jouet vous a fait découvrir quelques objets de ses collections, présentés par nos Petits ambassadeurs du patrimoine, élus du Conseil municipal Junior !
Merci à eux ;-) #museedujouetdepoissy #NuitdesMuséesChezVous #culturecheznous #petitsambassadeursdupatrimoine

Poupées bleuette

Poupées Bleuette, 1ère moitié du XXème siècle, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.85.76.1

Datées entre 1915, 1932, 1935 et 1950 (de droite à gauche), ces quatre poupées Bleuette sont représentatives de l’histoire des jouets et de la culture enfantine. Mesurant 27 ou 29 cm,  facilement manipulables par une fillette, avec leurs membres entièrement articulés, elles ont des yeux  dormeurs (verre), sur une tête en biscuit.

Figures emblématiques de l’histoire de la poupée et de la littérature jeunesse, les poupées Bleuette font leur apparition en 1905 lorsque la maison d’édition Gautier lance La Semaine de Suzette. Bleuette est  alors offerte aux lectrices pour la souscription d’un abonnement à l’hebdomadaire ; ce faisant, la nouvelle jeune abonnée accède au statut envié de « petite maman ».

Chaque semaine, La Semaine de Suzette publie un patron de vêtement pour la poupée, à réaliser par les lectrices. Les patrons suivent la mode, marquée parfois par l’histoire (notamment les deux guerres mondiales). Ces quatre spécimens témoignent ainsi de l’évolution de la mode sur presque 50 ans.

Les poupées quant à elles sont des créations de la S.F.B.J (Société française de Fabrication de Bébés et Jouets), née en 1899 de l’alliance de plusieurs fabricants de jouets français, déterminés à concurrencer les marques allemandes, leaders du marché à cette époque.

D’ici à la levée de ce deuxième confinement, pourquoi ne pas mettre à l’œuvre temps et créativité pour confectionner de nouvelles tenues aux poupées de la maison ? À vos ciseaux, vos aiguilles et bonne couture !

Le jeu de la chouette

Le jeu de la chouette, XVIIIe siècle,  Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.2011.6.2

Édité au XVIIIe siècle, cet exemplaire du Jeu de la Chouette est emblématique de l’histoire du jeu. Il présente plusieurs cercles concentriques, constitués de cases figurant des illustrations (animaux, objets de ménage, personnages) ainsi que des valeurs de dés. Le médaillon central est composé de pièces dessinées illustrant les gains mis en jeu ; un poème figure aux quatre coins de la planche alors que la règle du jeu est inscrite en partie basse.

Dérivé du célèbre Jeu de l’Oie, le Jeu de la Chouette s’apparente plutôt à un jeu de loterie. Il se joue avec trois dés et des jetons qui représentent le montant des enjeux. En début de partie, les joueurs se répartissent les jetons avant d’en miser trois qu’ils placent dans le médaillon central. Ensuite, à tour de rôle, chacun tire les trois dés : il doit payer s’il tombe sur une case avec la lettre « P » suivi d’une valeur ou bien tirer s’il s’arrête sur une cellule avec la lettre « T ». Lorsqu’un joueur fait un triple 6, il remporte toutes les mises.

Après la Fronde (1648-1653), les établissements de jeux se multiplient dans la capitale. Les jeux d’adresse et de hasard comme le billard, le Jeu de l’Oie ou encore le Jeu de la Chouette remportent un vif succès. Très populaires, ces deux derniers sont néanmoins antinomiques : la chouette, oiseau de nuit secret à la vue perçante, s’oppose à l’oie, oiseau de jour curieux et bavard. Le Jeu de la Chouette tombe progressivement dans l’oubli au début du XIXe siècle, probablement en raison de son caractère spéculatif, des sommes d’argent pouvant en effet se substituer aux jetons.

Alors, durant ce nouveau confinement, pourquoi ne pas jouer à l’oiseau de nuit et, telle la chouette, avoir la sagesse de ne rien manquer de la Nuit européenne des Musées numérique (14 novembre 2020) ?

Panoplies de casseroles

Panoplie de casseroles « La démontable – La Mehunite » 1914-1918, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.86.53.6

Accessoires de dînette, ces cinq casseroles datant des années 1914-1918 sont représentatives des jeux et jouets utilisés par les enfants au début du XXe siècle. De tailles différentes, ces ustensiles de cuisine sont réalisés en terre cuite émaillée verte à l’extérieur et blanche à l’intérieur. Ils sont conservés dans leur boîte d’origine illustrée d’un soldat français (surnommé à l’époque  « poilu ») en train de faire cuire un plat dans une des casseroles au milieu d’un champ de bataille. La particularité de ces jouets utilitaires est de pouvoir résister au feu, permettant ainsi de préparer de vrais repas. De plus, l’anse de préhension peut être démontée pour transformer ces casseroles en gamelles individuelles.

À partir du XIXe siècle, un important pôle industriel se développe dans le Berry (aujourd’hui Centre-Val de Loire) autour du porcelainier Pillivuyt. Celui-ci y fait construire plusieurs manufactures : à Vierzon, à Lamotte-Beuvron ou dans ce cas-là, à Mehun-sur-Yèvre, avec l’exploitation « La Mehunite », d’où provient ce bel ensemble.

Avec la Grande Guerre, l’on assiste à un enrôlement des enfants dans le conflit à travers la multiplication des jouets militaires et l’apologie des héros nationaux : les poilus. À travers ces objets utilitaires, l’enfant est encouragé à exprimer son amour pour la patrie, à se mettre à la place du soldat français, en faisant cuire des aliments dans ces casseroles, comme indiqué sur la boîte : « bien françaises, elles résistent au feu… comme nos poilus ».

En cette nouvelle période de confinement, pourquoi ne pas exprimer ses talents culinaires sans sortir de chez soi ?

À l’occasion des commémorations de l’Armistice signé le  11 novembre  1918, le Musée du Jouet rend hommage aux combattants et aux victimes de la Première Guerre mondiale. Ne les oublions pas !

L'oracle de la Marguerite

L'oracle de la MargueriteCollection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.74.155.1 don Société des Amis du Musée du Jouet de Poissy

A l’occasion de l’exposition Jardins d’enfance, ouverte le 3 octobre dernier, le Musée du Jouet met en valeur plusieurs jouets de ses collections en lien avec le jardin et la nature.

L’objet d’aujourd’hui est un petit jeu de hasard composé d’une boîte ronde en carton munie d’un couvercle de verre à travers lequel on distingue le dessin d’une fleur de marguerite, et une bille devant se loger dans des trous placés suivant l'ordre : Il (elle) m'aime / Un peu / Beaucoup / Passionnément / Pas du tout.

Comme l’explique le petit poème inscrit sur le couvercle de la boîte de rangement qui l’accompagne, ce petit jeu entend prédire l’avenir sentimental.

Tu recèles Marguerite
Ce secret doux et divin
Qu’en vain souvent ma petite
Nous demandons au Destin
En effeuillant ta corolle
Je sens palpiter mon cœur
Prédis-moi si mon idole
Me réserve le bonheur !

Ce type de petit jeu de hasard, ou d’adresse, se trouvait rassemblé avec d’autres dans des coffres de bois appelés Jeux Réunis, très en vogue dans les années 1900 et le premier quart du XXème siècle. Celui-ci est signé du fabricant parisien Simonin-Cuny. 

Le voilier

Voilier, 1921, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.83.37.19

« J’ai couru pour rester un petit garçon qui joue avec son bateau. Et dans les histoires d’enfants, la mort n’a pas sa place. Ou alors elle est faite pour rire. On fait « pan-pan » ! Et hop, on se relève. » Olivier de Kersauson, Promenades en bord de mer et étonnements heureux, Paris, Le cherche midi, 2016, p.81.

Réalisé en 1921, mesurant plus d’un mètre, ce beau voilier symbolise les jeux de plein air et les activités en bord de mer. L’embarcation dispose d’une quille et d’un lest en bois d’acajou verni ; de part et d’autre du mât sont accrochées de grandes voiles en tissu blanc rayé de bleu, reliées par des ficelles.

Dans les années 1930, parallèlement à l’apparition des congés payés, se développent les jeux de plein air, dont les jouets nautiques. Ils deviennent particulièrement populaires auprès des plus jeunes à qui s’offre, parfois pour la première fois, l’occasion de partir à la mer. Pendant les vacances, tels de prestigieux capitaines aux commandes de leur grand voilier, les enfants s’amusent à faire naviguer leurs petites embarcations sur les bassins des parcs ou en bord de mer.

Ce bateau-jouet fait donc référence à la navigation sportive et aux grandes épopées maritimes menées par des navigateurs de talent, comme Éric Tabarly dont le premier Pen Duick s’inspirait d’un beau cotre de 1898. Ce dernier, au XXe siècle, est entré dans l’histoire de la navigation, en mettant au point des multicoques de course (Pen Duick IV) mais aussi des goélettes de course, des bateaux à ballast, des mâts-ailes et mâts tournants. Au fil de leurs exploits en mer, les navigateurs ont popularisé ce sport éprouvant et passionnant et, par leur témérité, ont su inspirer de nouvelles générations de marins. Ainsi, à l’occasion de la 9ème édition du Vendée Globe, plus de 30 marins s’élanceront ce dimanche 8 novembre, depuis les Sables-d’Olonne, pour une course palpitante, un tour du monde en solitaire, sans escale, et sans assistance.

Actuellement prêté au Musée du Jouet de Moirans-en-Montagne (Jura), ce jouet est valorisé dans le cadre de l’exposition « Jouons sportif ! » qui aborde les valeurs attribuées aux sports à travers les jouets.

 Écritoire d'écolier

Écritoire d'écolier, en jouet School Days Desk, Fisher-Price, vers 1975. Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.2018.8.10.1

D’une quarantaine de centimètres, ce jouet en matière plastique de la marque Fisher-Price évoque le développement des produits ludiques et éducatifs de l’Après-guerre. Reproduisant un pupitre d’écolier, le School Days Desk présente dans sa partie supérieure des images de la vie quotidienne. Imitant le tableau en ardoise des classes d’école d’autrefois, le registre inférieur se compose d’une surface aimantée sur laquelle l’enfant peut former, en lettres ou en chiffres, les mots correspondant aux images.

Alors que la France est en plein Baby-boom au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et que se multiplient les travaux sur la psychologie de l’enfant, les fabricants de jouets saisissent cette opportunité unique. Le Britannique Kiddicraft et les Américains Playskool et Fisher-Price se livrent une guerre sans merci pour tenter de s’imposer sur ce marché qui reste à conquérir.

Ces géants de l’industrie du jouet conçoivent de nouveaux objets divertissants et éducatifs qui viennent compléter les enseignements délivrés à l’école maternelle et primaire. Ainsi, grâce à ces produits, les bambins découvrent les objets de la vie quotidienne tandis les enfants plus âgés s’initient à de nouvelles notions comme la lecture, l’écriture et l’arithmétique, comme c’est le cas ici.

Entré dans les collections du Musée du Jouet en 2020, le School Days Desk est un accessoire de choix pour terminer ces vacances apprenantes et préparer sereinement son enfant à la nouvelle année scolaire.

Voilier

Voilier, vers 1970, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.87.50.11

Fièrement élancé à 51 cm de hauteur, ce petit voilier du fabricant jurassien Giraud-Sauveur constitue une pièce de choix pour les enfants venus s’amuser au bord de l’eau. Il est composé d’une coque et d’une quille en plastique dissimulant un lest en plomb destiné à conserver la stabilité verticale du bateau. L’ensemble est surmonté d’un mât en bois équipé de voiles en tissu fixées par des ficelles.

À partir des années 1930 et l’apparition des congés payés, les jeux de plein air (comme le nautisme) deviennent très populaires et constituent une activité de loisir très appréciée : la navigation de petits bateaux suscite un vif enthousiasme de la part des enfants. Reflets de la société contemporaine, ces jouets célèbrent à petite échelle les exploits de grands sportifs comme par exemple le navigateur Éric Tabarly, dont les nombreux records en courses au large contribuent à populariser la pratique de la voile et à démocratiser l’univers nautique.

Créée en 1910, basée à Champagnole, la marque française Giraud-Sauveur jouit d’une certaine notoriété avec sa production de jouets de plein air comme les cerfs-volants. Mais elle est aussi et avant tout connue pour la fabrication de voiliers miniatures « garantis navigables » aussi bien en eau douce, dans les bassins, qu’en eau salée. Ses premières embarcations en bois font sensation mais le plastique devient rapidement très en vogue. À partir des années 1970, la firme jurassienne s’adapte en produisant des navires miniatures réalisés dans ce nouveau matériau, à la fois léger et maniable. Les formes très fluides de la coque témoignent de cette modernité et assurent par ailleurs une meilleure pénétration dans l’eau, facilitant ainsi la navigation.

Ce beau voilier sera valorisé à l’occasion de l’exposition Jardins d’enfance, prévue à partir d’octobre au Musée du Jouet de Poissy. En cette période de fin de vacances estivales, c’est une occasion unique pour les petits et les grands de faire naviguer son bateau.

Sac, seau, pelle et râteau

Sac, seau, pelle et râteau, 1940-1944, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.990.71.2 et MJ.87.6.3

Indispensables pour occuper les enfants pendant les grandes vacances, ces accessoires de plage renvoient aux activités ludiques de plein air. À côté d’un sac de plage en tissu se trouvent un seau en tôle bleue, ainsi qu’un râteau et une pelle. Toujours très appréciés des petits de nos jours, ces types d’objets servent notamment à dessiner des motifs dans le sable ou encore à construire de beaux châteaux éphémères.

Ceux présentés ici sont une production de la firme Jouet de Paris (JEP). Créée en 1920, elle marque de manière indélébile l’histoire du jouet de l’entre-deux-guerres avec la conception et la commercialisation de nombreux jouets mécaniques. Outre les trains et les automobiles miniatures qui ont fait sa renommée, l’entreprise accompagne la mode des jeux de plein air avec des créations destinées aux activités extérieures, tels ces accessoires de plage.

Les années 30 marquent un tournant dans la culture enfantine avec des jouets et jeux pédagogiques aussi bien adaptés au temps scolaire qu’à celui des vacances. L’apparition des premiers congés payés fait découvrir aux enfants les grands espaces : la mer, la campagne ou encore la montagne sont autant de nouveaux terrains de jeu. Pour les plus jeunes, une profusion de produits de plein air inonde le marché du jouet, en particulier les bateaux à voiles ou les voitures à pédales.

Ces incontournables des bords de mer sont actuellement valorisés dans le parcours permanent du Musée du Jouet. Sur la plage cet été, pourquoi ne pas mettre son énergie créatrice à la construction d’une réplique de la Porterie de l’Enclos de l’Abbaye qui abrite le musée? #concoursdepatesdesable #museedujouetdepoissy #culturecheznous

Jeu de cubes et poupées

Jeu de cubes et poupées, vers 1925, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv.MJ.998.7.3 et MJ.85.37.2.1 et 2

Ce jeu de cubes, assorti de ses deux poupées, illustre un mouvement important dans la culture enfantine : le scoutisme. Les poupées figurent un petit garçon et une petite fille en tenue de scout, au foulard bicolore et au chapeau reconnaissables. Dans son coffret en bois, le jeu de réflexion se compose de 24 cubes à six faces colorées et de 11 illustrations ou histoires (comme Les Fables de La Fontaine) : le but du jeu consiste à reproduire les illustrations au moyen des cubes.

Le scoutisme est un mouvement de jeunesse qui prône de nobles valeurs comme l’entraide ou le respect de l’autre. Largement repris par de nombreux courants religieux, il s’adresse aux mineurs et aux jeunes adultes. Ses enseignements visent à forger le caractère de l’enfant à travers des activités de plein air, à la fois physiques, intellectuelles et spirituelles. Les principes de cette formation au plus près de la nature varient selon l’âge et le cheminement du jeune : louveteau (enfance), éclaireur (adolescence), aîné (jeunes adultes) ; aujourd’hui, l’on compte des dizaines de millions de scouts dans de nombreux pays. Au-delà des préceptes portés par le scoutisme, ce jeu de cubes, objet de réflexion, incarne aussi ces valeurs pédagogiques.

Ce jeu de cubes et ses deux poupées sont actuellement exposés dans le parcours permanent. En cette période de post-confinement, et alors que commencent les vacances, quoi de mieux que de vivre au grand air et se rapprocher de la nature ?

Gare

Gare, 1905, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv.MJ.994.50.2

Datée du tout début du XXe siècle, cette jolie gare miniature est unique en son genre. Elle représente un bel exemple de jouet en tôle peinte et fait la part belle au monde du transport ferroviaire. Mesurant une quarantaine de centimètres de haut, ce petit bâtiment en tôle à plusieurs étages est surmonté d’une coupole avec une horloge. Il dispose également d’un espace intérieur aménagé avec des guichets et des bancs ainsi qu’un buffet-terrasse à l’extérieur pour attendre le train et se restaurer. Cette gare regorge de détails comme les panneaux d’affichage renseignant les voyageurs mais aussi les dispositifs d’éclairage à la bougie… autant d’éléments qui renvoient à l’univers des grands !

À la fin du XIXe siècle, la Révolution industrielle couplée aux progrès scientifiques marquent l’avènement de « l’âge d’or des jouets ». Vecteurs de cette modernité, des produits de plus en plus élaborés arrivent sur le marché : les jouets mécaniques, électriques ou fonctionnant à la vapeur font paraître archaïques et grossières les créations de la première moitié du siècle.

Ce jouet a été fabriqué par la compagnie allemande Märklin. Active au milieu du XIXe siècle, elle s’illustre essentiellement par la conception de trains miniatures, et autres accessoires appartenant au champ lexical des chemins de fer comme les gares, les grues, ou encore les tunnels. La réputation mondiale de ce fabricant tient à la qualité irréprochable de ses matières premières et au fonctionnement parfait de ses produits.

Sélectionnée pour illustrer cette période de grands départs en vacances, cette gare luxueuse est actuellement exposée au Musée du Jouet parmi les trains. Bonnes vacances et bon voyage… attention le train va partir !

Le Voyage de Babar

Le Voyage de Babar, 1932, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv.MJ.2017.2.1

Publié en 1932, Le Voyage de Babar est tout à fait emblématique de la culture enfantine de l’entre-deux guerres. Cet album met en scène Babar, roi des éléphants, accompagné de son épouse Céleste, installés dans la nacelle d’une montgolfière et agitant des mouchoirs avec leur trompe, en guise d’au-revoir.

Babar est un personnage de fiction imaginé par Cécile de Brunhoff et illustré par Jean de Brunhoff. Le premier opus, Histoire de Babar publié en 1931, raconte la vie et les aventures de Babar de sa naissance jusqu’à son couronnement et son mariage avec Céleste. Dans cet ouvrage, Babar et Céleste partent en voyage de noces en ballon ; surpris par une tempête, ils s'échouent sur une île déserte et sont attaqués par de féroces cannibales. Les albums de Babar connaissent un grand succès en France, en Grande-Bretagne, et aux États-Unis. Ils sont traduits dans une trentaine de langues et vendus dans plus de 160 pays. Après la disparition de Jean de Brunhoff en 1937, son fils, Laurent, poursuivra son œuvre ; de nouveaux albums de Babar sont toujours édités de nos jours.

Dans les années 1930, la littérature jeunesse connaît un bel essor : les albums illustrés et les bandes dessinées se multiplient dans les chambres d’enfant. Alors que paraissent déjà de grands classiques, les livres pour enfants connaissent un nouveau souffle grâce à une nouvelle vague d’illustrateurs : Benjamin Rabier, André Hellé ou encore Jean de Brunhoff. Les albums de ce dernier se démarquent par des volumes au format imposant, une mise en page originale, des textes courts rédigés avec une écriture cursive et des couleurs vives.

Cet exemplaire du Voyage de Babar est actuellement exposé dans le parcours permanent du Musée du Jouet. Le premier album Histoire de Babar a quant à lui récemment rejoint les collections.

Le Phénakistiscope

Le Phénakistiscope, 1830, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.77.38.2

Haut d’une vingtaine de centimètres, le Phénakistiscope (du grec « phenax », trompeur, « skopein », examiner) illustre l’application à la sphère du jouet des avancées scientifiques sur l’optique et le mouvement. Celui-ci est constitué d’un manche et de deux disques de diamètres différents, parallèlement reliés entre eux ; le plus grand teinté en noir est percé de dix fentes tandis que le second est décoré de motifs aquarellés constituant des séquences d’images fixes. Du fait de la persistance de la perception rétinienne, la rotation du premier disque crée chez l’observateur l’illusion du mouvement.

Dans la société bourgeoise du tournant du XIXe siècle, spectacles, concerts ou encore cabarets connaissent un développement sans précédent. La figure de l’enfant prend une importance croissante au sein des sociétés occidentales de l’époque ; les études en pédagogie et psychologie montrent le rôle prépondérant du jouet en matière d’éducation.

Pour répondre aux nouveaux besoins, les fabricants de jouets se multiplient et surtout se spécialisent : leurs créations, toujours plus complexes, se veulent le reflet de cette société de plaisirs alors en plein essor.

Très populaires en leur temps, les jeux optiques comme le Phénakistiscope (1832), le Zootrope (1834), ou le Praxinoscope (1876) s’inscrivent dans le prolongement des progrès scientifiques menés sur la vision, la lumière, ou encore le mouvement, précurseurs des dessins animés et du cinéma.

Ce jouet, comme d’autres appartenant au champ lexical de l’image, est actuellement valorisé dans le parcours permanent du Musée du Jouet.

Accordéon

Accordéon, 1950, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.2018.3.2

Fidèle reproduction miniature d’un accordéon-piano, cet instrument à vent en plastique d’une vingtaine de centimètres se compose de trois parties : un clavier de piano à 10 touches blanches et noires destinées à la main droite (mélodie), le soufflet à vent et 8 boutons en plastique blanc pour la main gauche (accompagnement) ; l’objet est équipé de lanières pour faciliter sa fermeture et son transport. Ce spécimen de jouet reflète l’évolution de la culture musicale, omniprésente aujourd’hui, vers une démarche parfois plus ludique que pédagogique.

L’avènement du plastique dans l’industrie du jouet après la Seconde Guerre mondiale voit la multiplication d’instruments musicaux en miniature ; les compositions musicales d’hier et d’aujourd’hui sont autant de prétextes à leur fabrication. Les instruments miniatures éveillent la curiosité des enfants et les encouragent à reproduire des mélodies inspirées des musiques traditionnelles avec un objet adapté à leur morphologie. À l’image du lien très particulier entretenu par les musiciens professionnels avec leur instrument, une relation privilégiée lie l’enfant à son jouet.

Récente acquisition du Musée du Jouet, ce petit accordéon est présenté dans le parcours permanent dans la reconstitution d’une chambre d’enfant aux côtés d’autres jouets musicaux. Le choix de cet objet permet d’évoquer la Fête de la musique habituellement célébrée le 21 juin. Alors, à vos instruments !

Le cochon qui rit

Le cochon qui rit, 1960, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.87.50.2

Unique en son genre, Le Cochon qui rit est un jeu de hasard français représentatif du monde rural de l’après-guerre. Il se compose de 4 cochons de plastique en pièces détachées et d’un dé. Jouant à tour de rôle, chaque joueur a pour objectif de récupérer pattes, oreilles, yeux et queue pour reconstituer son cochon. Est vainqueur celui qui le premier, grâce à son score au dé, finalise un cochon complet.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la société évolue et le monde des jouets avec elle. Progressivement, le bois et le métal disparaissent au profit du plastique, léger, maniable et d’une gamme chromatique infinie. Une part des jouets manufacturés à cette époque revendique une certaine modernité : électroménager, loisirs culturels (radio, télévision, cinéma), ameublement et mode. D’autres, au contraire, résistent et reflètent une représentation passéiste du monde rural alors que la France s’urbanise.

Appartenant à cette dernière catégorie, le Cochon qui rit a été inventé dans les années 30 d’après un jeu pratiqué dans les bistrots. D’abord en bois, les pièces seront par la suite fabriquées en plastique sorti de l’usine de Montluel, dans l’Ain. Fort de son succès, le jeu connaîtra au fil du temps plusieurs variantes, plus collaboratives.

Le Cochon qui rit est actuellement exposé dans le parcours permanent du Musée du Jouet. D’autres exemplaires de ce jeu franco-français sont conservés dans les réserves de l’établissement.

Meuble à ouvrages

Meuble à ouvrages, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.88.40.16.1 à 28

Ce charmant petit meuble à ouvrages en bois marqueté de 44 cm de haut contient 7 plateaux coulissant dans lesquels sont rangés 28 planches de travaux de broderies fixés sur des fonds colorés. Des étiquettes descriptives cousues sur les fonds indiquent la nature des travaux d’aiguille réalisés : « Col et poignet », « Couvre-berceau », « taie d’oreiller », « Robe de soie verte », « tricot remaillé », « dentelle au crochet », « reprise sur serviette », « chemise d’homme », « broderie appliquée ».

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle un soin particulier est porté au raffinement esthétique des jouets. Ce très beau meuble devait appartenir à une petite fille pour qui la broderie et la couture était un loisir et non l’apprentissage d’un futur métier. À cette époque les jouets comme les poupées ou les cuisines miniatures préparaient la fillette à sa future vie de femme adulte. C’est le cas aussi pour ce meuble à ouvrages, les travaux d’aiguilles prenant une place importante dans la vie d’une femme.

Les poupées ont longtemps servi de modèles aux petites filles pour leur apprentissage des travaux d’aiguilles (couture, broderie, tricot). Les vêtements pouvaient être réalisés à la main ou plus tard sur de petites machines à coudre. Au XXe siècle le magazine La semaine de Suzette commercialise la poupée Bleuette pour servir de modèle aux patrons publiés. Avec les poupées Françoise, Marie-Françoise et enfin Emilie, le magazine Modes et travaux reprend cette tradition. Encore aujourd’hui, les poupées continuent de servir de modèles de tricot et couture, notamment des poupées Petitcollin pour les patrons de tricot Bergère de France et la publication de livres de patrons de vêtements pour la célèbre Barbie.

Le jeu des petits pêcheurs

Jeu des petits pêcheurs, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.47.85.1

Édité en 1900 par la maison Mauclair-Dacier à Paris, le jeu des petits pêcheurs illustre le développement des jeux de société évoquant le plein air. Il se compose de cinq cannes à pêche, accompagnées de 24 poissons en carton découpé, de cartes et de jetons. Très célèbre, ce jeu d’adresse aimanté consiste à pêcher avec les cannes le plus de poissons possible ; le nombre de prises est comptabilisé en points, portés sur les cartes.

À partir de la seconde moitié du XIX e siècle, le nombre de fabricants français de jouets explose pour concurrencer le marché allemand, alors détenteur du monopole dans ce secteur. Créateur-fabricant de 1893 à 1904, Mauclair-Dacier a réuni l’ensemble de sa production sous la forme d’un vaste catalogue de jeux et jouets Made in France . Cette époque est aussi marquée par les grands travaux du préfet Haussmann, et son associé l’ingénieur Alphonse Alphand. Ensemble, ils métamorphosent la capitale et délimitent les espaces verts propices à l’activité physique et aux jeux de plein air. Les concepteurs de jouets rivalisent d’ingéniosité pour créer des jouets innovants.

Ce bel objet ancien, qui a connu une multitude de descendants, est actuellement valorisé au Musée du Jouet, qui a rouvert ses portes le 13 mai dernier. Après la longue période de confinement, l’arrivée des beaux jours invite plus que jamais à profiter des espaces verts pour s’y divertir.

King Kong

King Kong, 1960, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.83.5.16.7

Fabriquée par la firme française Gégé, cette figurine articulée en plastique est à l’effigie de King Kong, icône du cinéma fantastique ; fixée sur un support en carton, elle est haute d’une quinzaine de centimètres. Détachable de son support, elle peut effectuer des roulades grâce à un système mécanique interne, muni d’une clef.

King Kong est une créature de fiction portée sur grand écran en 1933 par les cinéastes américains Cooper et Schoedsack. Accueilli en triomphe par le public du monde entier, le film éponyme donnera lieu à de nombreux remakes, d’adaptations dans la littérature jeunesse, de jouets et de produits dérivés.

Le gorille gigantesque, vivant parmi les dinosaures sur une île perdue où l’évolution s’est arrêtée depuis des milliers d’années, interpelle par sa dimension profondément humaine. « Ni bête, ni homme » (selon l’un des principaux personnages du film), Kong reste ancré dans la culture populaire au titre de son humanité.

Actuellement exposé dans le parcours permanent du Musée du Jouet, cet objet a été valorisé lors de l’exposition Tarzan au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac, en 2009.

Grand jeu de construction

Grand jeu de construction , vers 1850. Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.2018.5.1

Édité par Nicolas-Henri Rousseau vers 1850, ce jeu de construction, l’un des premiers de son genre, souligne la pratique de l’éducation par le jeu, instaurée à partir du Second Empire. Il se compose de 70 parallélépipèdes rectangles, de tailles variées et de même épaisseur, dont chaque face porte un motif polychrome. Le jeu est accompagné d’illustrations lithographiées multicolores qui aident à la construction de six édifices représentant différents styles architecturaux en vogue : classique, néogothique, rural, bourgeois. La boîte avec sa couverture ornée d’une scène de la vie familiale, et entourée d’une bordure en cartonnage romantique gaufré et doré, démontre un travail soigné pour un jeu destiné aux classes aisées.

La seconde moitié du XIXe siècle marque l’âge d’or des jouets grâce au développement de l’industrie et à l’explosion des publications d’ouvrages scientifiques consacrés aux jeux et jouets. Les premiers jeux de construction sont nés des travaux de pédagogues, tels que l’allemand Friedrich Fröbel (1782-1862), qui enseignent aux enfants les notions de volume, de symétrie et de proportions.

En 1845, Nicolas-Henri Rousseau dépose le brevet pour un jeu de construction historique. Ce tabletier parisien a la réputation de créer des objets pédagogiques de grande qualité, mis en valeur par une forte polychromie.
Présenté en janvier 2020 à la Commission scientifique régionale d’acquisition des Musées de France, ce bel objet est actuellement valorisé dans le parcours permanent du Musée du Jouet.

La figurine Dark Maul
Figurine Dark Maul , 1998, Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.999.80.2

Haute de 9 cm, cette figurine de plastique articulée est équipée d’un double sabre-laser et d’une puce électronique. Conçue en 1998, elle peut être vue comme une illustration du phénomène d’internationalisation du jouet, qui a marqué la période la plus récente de son histoire.

Elle peut aussi être le symbole de la culture de masse qui s’est développée autour de la science-fiction et de la Fantasy à partir des années 1960. En effet, depuis Star Trek et, plus tard, la saga La Guerre des étoiles, le marché du jouet est inondé de produits dérivés en tout genre...

Ennemi juré des Jedi, Dark Maul est un Sith contrôlant le côté obscur de la Force. Personnification du mal, il apparaît dans l’épisode I de la saga intergalactique. En plaçant la puce électronique sur un haut-parleur (vendu séparément), on peut entendre deux répliques du personnage, dont la fameuse « At last, we will have revenge » (Enfin, nous aurons notre revanche).

La figurine, ainsi que d’autres issues du même univers, est actuellement présentée dans le parcours permanent du Musée du Jouet. La symbolique de l’objet de la semaine, qui intervient deux jours après the Star Wars Day (May the Fourth), permet de faire la part belle aux méchants de la saga qui sont célébrés le 6 mai, Revenge of the Sixth !

 

L'ordinateur JR01

Ordinateur JR 01, 1970. Collection Musée du Jouet de Poissy, inv. MJ.993.9.4

Fabriqué en 1970, ce jeu électronique s’inscrit parfaitement dans l’histoire récente de la culture enfantine avec l’avènement de l’ère informatique. L’ ordinateur JR 01 est constitué d’un pupitre en plastique, de plots métalliques dotés de cordons électriques, de 17 notices explicatives, et d’un ensemble de cartes à jouer.

Le JR 01 est un jeu de sensibilisation aux techniques de l’informatique. Oscar d’or du jouet français en 1970, il est le fruit de la collaboration de la firme Bull General Electric et de l’entreprise française Jouets Rationnels (JR). Ce jouet est alors le premier produit commercialisé comme étant un véritable petit ordinateur avant même l’apparition des appareils plus sophistiqués au succès grand public.

Les notices explicatives proposent plusieurs exercices amusants notamment destinés à résoudre des problèmes de logique binaire. Il s’agit d’essayer d’allumer les lumières de la console par le branchement de fiches dans les trous et les mouvements des barrettes, le tout simulant le fonctionnement d’un véritable ordinateur. D’autres activités sont proposées dans les notices : jeux de cartes, de dés ou encore d’allumettes, pour lesquels l’ordinateur interrogé devine des valeurs.

En cette période de confinement généralisé, le choix de cet objet illustre le télétravail grâce auquel de nombreux salariés sont en mesure de poursuivre leur activité professionnelle.

S'il est impossible d'approcher l'ordinateur JR01 du Musée du Jouet actuellement, chacun peut cependant en visualiser un exemplaire interactif « virtuel » sur le simulateur en lien ci-dessous créé par un Pisciacais. Le simulateur est accompagné des livrets, des exemples et de la théorie qui les sous-tend : http://jr01.dhenin.fr/

 
Le diabolo
Diabolo, vers 1880, Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.82.36.1 et 2

Ce diabolo, fabriqué à la fin du XIXe siècle, est en ivoire et métal avec des baguettes en bambou et manches gravés. Il a appartenu à une petite fille, Marguerite Fauveau, qui l’a utilisé en 1880 pour un concours de diabolo à Meudon.

Jeu d’adresse encore populaire aujourd’hui, on raconte que le diabolo serait né en Chine, il y a environ 4000 ans. Fabriqué en bambou et percé de petits trous, il produisait un sifflement quand il était projeté en l’air : les vendeurs ambulants de gâteaux et de sucreries s’en servaient pour annoncer leur approche et attirer ainsi des clients.

Arrivé en Europe à la fin du XVIIIe siècle, il est devenu très populaire en France, à partir de 1812. Des compétitions sont alors organisées dans toute la France. Composé de deux boules creuses de bois, il est d’abord connu sous le nom de « diable » jusqu’au XX e siècle à cause du bruit qu’il produisait. Jeu à la mode dans les salons, il a également gagné les milieux plus populaires.

Vers 1906, un ingénieur français, Gustave Philippart réinvente le diabolo en utilisant de nouveaux matériaux notamment le caoutchouc qui le rend plus léger et plus maniable : le jeu prend alors le nom de diabolo, inspiré du grec diabállô qui signifie « lancer à travers » et connaît un regain d’intérêt ! Mais, jouer au diabolo est parfois dangereux : il y a des plaintes de promeneurs si bien que l’utilisation de ce jeu sera réglementée et tolérée uniquement dans certains espaces des jardins publics et des squares et dans les rues très spacieuses.

A partir de la seconde moitié du XX e siècle, on fabrique des diabolos lumineux, inflammables… Aujourd’hui, des jongleurs utilisent parfois jusqu’à 5 diabolos simultanément.
Nous vous donnons rendez-vous cet automne pour (re)découvrir les diabolos et autres jeux d’adresse du Musée du Jouet au sein de notre prochaine exposition « Jardins d’enfance ». Le spectacle Histoire de diabolos suivi d’un atelier d’initiation, annulé en raison du confinement, devrait être reprogrammé au prochain semestre !
Œufs en Tamagotchis

Œufs surprises Tamagotchis Connection , 2018, Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.2018.8.12

Originaire du Japon, le Tamagotchi (« tamago », œuf » et « wotchi », montre) symbolise la dernière génération d’activités ludiques. Ces petits jeux ovoïdes, dotés d’un écran et de boutons de contrôle, sont accompagnés de leurs œufs aux couleurs assorties. À partir des années 1970, avec le développement et la multiplication des jeux vidéo, les tamagotchis se déclinent sur différents supports et réinventent les codes de la culture ludique enfantine.

Commercialisés par la société Bandai en 1996, les tamagotchis sont de petits animaux virtuels destinés à être élevés, nourris, lavés et soignés au jour le jour par leur propriétaire, jusqu’à l’âge adulte. Au fur et à mesure de leur évolution, les nouveaux jeux donnent lieu à d’innovantes interactions avec l’animal : ainsi, grâce à une cellule infrarouge située sur un côté de l’appareil, le joueur peut faire entrer son tamagotchi en communication avec un autre. Une fois parvenus à l’âge adulte, les petits animaux disparaissent pour être remplacés par une nouvelle génération de tamagotchis à élever.

Devant le succès considérable des premières versions de ce mini jeu vidéo portable, de nombreuses variantes ont été développées sur d’autres supports (consoles, jeux de plateau, et plus récemment, smartphones). Alors, en ces temps difficiles de confinement, quoi de mieux pour une chasse aux œufs de Pâques sans sortir de chez soi ?!

Le poisson à trainer

Poisson à traîner, 2003, Collection Musée du Jouet de Poissy, inv.MJ.2004.5.1
Né de l’imagination de l’artiste américain Alexandre Calder (1898-1976), édité par la maison française Vilac, ce poisson à traîner est unique en son genre : il allie en effet création artistique et fabrication industrielle.

Ce jouet rouge, long de 67 cm, possède une queue articulée oscillant de droite à gauche et, en guise de nageoires pectorales, deux grosses r0oues irrégulières et désaxées qui impriment une démarche ondulante à notre animal.

Dans les années 1920, Calder crée des jouets en bois ( Action Toys) , animés de parties mobiles. Après s’être rapproché de l’industrie américaine, Calder se tourne vers la France pour une fabrication en série ; il s’adresse alors à l’entreprise Vilac, basée à Moirans-en-Montagne (Jura). Connu pour ses collaborations avec des artistes comme Keith Haring. Le fabricant jurassien s’illustre dans la production de jouets en bois à échelle industrielle, à la conception enrichie d’une grande plus-value artistique.

Depuis 2003, en partenariat avec la Fondation Calder, Vilac produit de nombreux jouets imaginés par Calder (un kangourou, un ours, un canard, un taureau sauteur), dont ce poisson facétieux qui, pour mémoire, a été valorisé au Musée du Jouet lors de l’exposition « Quand j’étais bébé… Le baby-boom des jouets d’éveil » en 2010.

Non content de symboliser dignement ce mois-ci la grande fête du Poisson d’avril, il rappelle, dans une version pleine d’humour, haute en couleurs, les armoiries de la Ville de Poissy.

Poupée habillée en infirmière

Poupée habillée en infirmière, 1899 (poupée), 1914 (costume), Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.83.17.1 Poupée habillée en infirmière , 1899 (poupée), 1914 (costume), Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.83.17.1
Fabriquée en 1899, cette poupée est représentative de l’histoire du jouet de la première moitié du XX e siècle.

La figurine de 43 cm de haut est fabriquée en biscuit et composition ; elle est vêtue d’un costume d’infirmière de 1914, constitué d’un drap et d’un voile bleu marine en mousseline arborant une croix rouge.

Cette poupée est issue des usines du fabricant Jumeau, entreprise fondée dans les années 1840. La marque se positionne très vite sur le marché du jouet avec des produits innovants. En 1899, elle s’associe à d’autres fabricants de jouets pour créer la S.F.B.J. (Société française de fabrication de bébés et jouets), destinée à mener une guerre commerciale contre les marques allemandes.

Avec l’essor de la psychologie et de la pédagogie, le jouet prend à cette époque une place grandissante dans l’éducation des enfants, élevés à aimer la nation, à haïr l’ennemi, « le boche ». À l’instar des adultes qui s’apprêtent à combattre dans la vraie vie, les enfants s’amusent à faire la guerre : les garçons avec des soldats, les filles, avec des infirmières.

Le Musée du Jouet expose plusieurs autres poupées Jumeau. En cette période de confinement le choix s’est porté sur celle-ci en hommage aux personnels de santé, en première ligne contre le virus pandémique Covid-19.

Le cueilleur de pommes

Le cueilleur de pommes , M.F (Migault Fernand), 1925, Collection Musée du Jouet de Poissy, MJ.86.11.1

Réalisé en 1925, Le cueilleur de pommes est emblématique de l’histoire du jeu. Il met en scène un paysan en sabot portant une vareuse bleue, un pantalon et un bonnet jaunes. Avec son baluchon dans son dos, il cueille d’une main, grâce à un long bâton muni d’un anneau, les fruits du pommier.

Ce jeu de hasard consiste à amorcer la première bille (pomme) pour la faire tomber dans l’anneau ; le personnage se penche alors en avant et dépose le fruit dans l’une des alvéoles numérotées. Le baluchon faisant contrepoids, en se redressant, le paysan active la chute d’une autre bille qui vient se loger dans les cases. Reste alors à comptabiliser le nombre de points par joueur.

Conçu en 1921 par Fernand Migault (fondateur de la Compagnie Industrielle du Jouet) et commercialisé l’année suivante, le jeu connaît un grand succès commercial durant des décennies, notamment grâce à son système de mouvements automatiques de poids et contrepoids.

Le cueilleur de pommes s’est vu décliné dans plusieurs objets d’amusement comme la Poule aux œufs d’or dont le principe est proche (gagner des points en faisant tomber des petits œufs (billes) pondus par la poule pour confectionner une omelette). Un modèle du cueilleur de pommes est actuellement exposé au Musée du Jouet. Mangez des pommes !